Merci

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Il m’aura fallut quelques jours pour encaisser la nouvelle. Désormais, je peux m’exprimer sereinement sur cette information : Arsène Wenger quitte Arsenal. Voilà, on y est.

Cher Arsène,

Cette date je l’ai redoutée. Vraiment. Ce n’est pas la fin du monde, loin de là, c’est peut-être même pour toi une bouffée d’air frais. Il y a plus grave dans la vie, aussi. Mais Arsène et Arsenal, dans un mois, c’est fini.

Il y a 22 ans, j’étais milieu de terrain pour l’AS Saint-Jacques, numéro 8 dans le dos. À l’entrainement, j’avais tout le temps un maillot d’Arsenal. Moi le frenchie, à part le FC Nantes, y avait aucun club en France qui me donnait vraiment des frissons, l’envie d’être collectif, le beau jeu. Avec mon Pires au dos, j’étais fier. Surtout le jour ou j’ai reçu le trophée du meilleur joueur d’un tournoi régional.

Tu as débarqué dans mon club, en provenance du japon. À l’époque, le second degrés je ne le maitrisais pas (rassure-toi, en supportant Arsenal j’ai appris à le connaître). Les gens étaient surpris, moi aussi. Confus, voire même virulent. L’humour anglais certainement. 22 ans plus tard, je m’aperçois que les anglais (et l’Homme de manière générale) aiment bien mépriser, dénigrer, faire les choux gras et le petit bonheur de la presse… en n’hésitant pas une seule seconde à retourner leurs vestes et t’enterrer vivant.

#22 ans de passions

En 22 saisons, tu as tout révolutionné, à commencer par ma vision du foot. Ca va te paraître bizarre mais le football j’ai arrêté d’y jouer. Ce monde là m’échappe, me fout les glandes. Et toi, Arsène, bien que dans l’un des clubs les plus riches du monde, tu as su conserver le maigre fil qui me retenait à ce sport qui fut vraiment une passion. Sans ça, j’aurais autant claqué le football que celui-ci claque du fric à tout va. On va pas se la jouer roman à l’eau de rose, je suis bien conscient que tout de même, de l’argent tu en dépenses. Mais sportivement, tu as toujours su garder ta classe et ton esprit. Premier merci !

Former des jeunes, leur donner le goût du football et l’espoir du haut niveau. Tous les clubs s’en vantent, peu le font. Qui aurait eu le courage de titulariser des Fabregas, Wilshere, Ramsey, Coquelin dans des finales de Cup, des matchs contre United ou City, ou des demis-finales de Champion’s league (car, oui, Arsenal n’a pas fait que s’y qualifier en ligue des champions…) ? Peu ou pas à ce niveau là. Rien que pour ça, tu peux partir la tête haute et regarder chaque supporter, chaque membre du staff, chaque joueur, chaque président ou coach de club : j’ai tenu bon et j’ai filé droit dans mes bottes ! Deuxième merci.

J’ai 30 ans, et le football se résume quasiment à 2 mots jumeaux : Arsenal et Arsène. Jamais en 22 ans je n’ai voulu te critiquer. JAMAIS. Peut-être simplement ces derniers mois compatir avec toi, te dire de partir, oui, mais parce que les gens de ce club ne te méritaient plus, les joueurs non plus, la Premier League et les journalistes encore moins. Soulagement mêlé de tristesse, voici un peu la combinaison depuis ton annonce. Mais j’ai toujours eu foi en toi. Je l’aurais encore, en espérant que ton avenir se conjugue avec celui de l’équipe de France ?

#22 ans de hauts et de bas

Tu en as bouffé des réflexions à la con. Plus encore cette année. J’aurais eu envie de tous les écraser ces « Wenger OUt ». Non, on ne demande pas à un homme comme toi de « partir » comme un malpropre. Tu as senti, bien sûr, le vent tourner. Et comme à ton habitude, tu as voulu protéger tout le monde. Les joueurs, en premier, qui n’ont répondu présent que très peu cette saison. Peu importe l’entraîneur au-dessus, ces mecs là n’auraient pas fait mieux. Ils en ont oublié le collectif et les valeurs qui font Arsenal. Sanchez en tête. Il n’aura pas eu ta peau, mais presque.

TU prends la décision de t’en aller, visiblement sans aucune haine ou ressenti. C’est beau. Une fois encore. J’en suis impressionné. Tu es droit, humble et tu respectes l’Homme que tu es et les valeurs qui sont les tiennes. Bravo. Que cette fin d’histoire sonne comme une merveilleuse scène de fin. J’espère que tous, ici, iront chercher l’Europa LEague. Et que tous, en Angleterre et à travers le monde, continueront d’entretenir ta légende et ce lien qui fait d’Arsenal ce qu’il est. Qui fait de toi ce que tu es aussi. Troisième merci.

Un club, un entraîneur, à jamais liés, contre vents et marrées. J’attends de voir si ces petits merdeux et leurs pancartes à deux balles seront encore là, eux, dans 22 ans avec la même passion, le même respect, les mêmes intérêts pour le club. Je peux comprendre le ras-le-bol envers un board, envers une équipe. Ce ras-le-bol, je le ressent parfois aussi. Mais jamais je ne comprendrais l’irrespect envers cet homme qui a tout fait ici. Quatrième merci.

Voilà, merci, pour tout. Vraiment. Bonne chance pour la suite, ce n’est pas la fin, c’est le début. Le début d’une période que je sens difficile pour Arsenal, que je sens bien meilleure pour toi. Arsène sans Arsenal restera toujours Arsène. L’inverse reste encore à prouver !

 

 


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