Superlatif

Superlatif

C’est un problème de maux devenu une histoire de mots. Ce récit mystico-tobiographique est construit autour d’un unique personnage, Laurent Koscielny.

Laurent, j’ai vraiment été heureux quand j’ai appris sa signature au club. Je le suivais de loin depuis quelques années déjà et un match de ligue 2 entre Tours et Reims dont j’avais vu le résumé (je ne suis le Stade qu’épisodiquement) et où il avait signé un doublé. Je me souviens m’être dit : « oh toi, tu ne vas pas rester longtemps en Touraine… », même si je n’imaginais quand même pas alors le voir vêtu de la tunique rouge et blanche quelques années plus tard.
Mais quand j’ai reçu le mail d’Arsenal France annonçant sa venue, ça sentait la bonne pioche et j’étais vraiment content de le voir dans l’escouade.
Instantanément, j’ai eu énormément d’admiration pour Koscielny. C’est comme ça. Un truc à la limite de la Foi aveugle et entière. Du coup, je lui pardonnais tout, absolument tout. Carton rouge contre Pool ? Bah, c’est un apprentissage. Les penalties concédés ? Hmmm, des petits sauts de concentration, ça va se régler. Exclusion contre Costa ? Laurent est trop honnête et face aux raclures de bas-étages, c’est compliqué. Tel un apôtre, je prêchais inlassablement ma bonne parole lors de soirées foot ou sur certains sites sportifs. Convaincu, j’étais persuadé qu’un jour, oui un jour, le footix saurait la vérité.
Mais il ne se laisse pas retourner ainsi, le footix ! On a beau lui dire que Kos est « the boss » en Angleterre, la Premier League devient instantanément un championnat avec des défenses inexistantes. Sauf pour Sakho. Lui il a joué au PSG et sauvé la nation un soir de novembre, réparant « l’erreur » de Laurent. Le sort est ironique et le jugement implacable. « Mais tu as déjà regardé un match d’Arsenal, au moins ? ». Non. Deux ou trois matches d’EdF avec les commentaires toujours éclairant du duo Jeanpierre / Lizarazu suffisent à se forger une idée fixe.
Mais la mienne est plus tenace, vous l’avez certainement compris en parcourant mes articles : on-ne-touche-pas-à-Koscielny. Jamais.
Je fais quand même la moue quand je lis en ce lundi ensoleillé l’article de lequipe.fr qui revient sur le week-end européen des français et son commentaire laconique : « Bon week-end aussi pour les Gunners d’Arsenal Laurent Koscielny, buteur pour ses 31 ans, et Olivier Giroud, qui a obtenu le penalty décisif contre le Southampton de Claude Puel (2-1) ». Le mec claque un retourné magistral assorti d’une prestation irréprochable : « bon week-end ». Varane ou Umtiti te font ça et les mecs époussèteraient leur dico des synonymes pour se lancer dans une longue liste de qualificatifs plus épatants les uns que les autres sur une pleine page.

« Koscielny, c’est un pur produit de l’école Wengerienne »

Moi, sur ce point, j’ai arrêté de chercher. Quand je parle de Laurent, je dis juste qu’il est « superlatif ». Je sais que ça ne veut rien dire et que ça pourrait même me valoir un courriel truffé d’invectives de l’Académie Française. Mais j’assume. Laurent est juste l’un des tous meilleurs défenseurs centraux du monde et nous avons la chance de l’avoir à Arsenal. Il est arrivé déjà très bon et il a beaucoup travaillé. Il est affuté, technique, calme. Serein. Et il me rend serein (sois loué). Il rôde, veille, surgit, tacle, intervient. Il a pris une telle envergure, c’est admirable. On n’a plus qu’à savourer. C’est simple, selon le site swadra, il a remporté 51% de ses duels en 2013/2014. Une moyenne qu’il a passé à 54% l’an dernier et même 57% à l’heure actuelle. Dans le détail, on ne le passe pas : sur ses interventions, il monte sa note médiane à 91% la saison dernière (contre 67% en 2013/2014). Une progression technique à laquelle il faut ajouter un gros travail mental. Kos ne perd plus pied (aucun rouge les deux dernières saisons) et se comporte en véritable patron sur le terrain.

Enfin, si j’aime aussi Laurent, c’est parce qu’il donne sens à la célèbre maxime de Sunu : « Arsenal est un club qui n’achète pas les stars de classes mondiales, mais les fabrique ». Koscielny, c’est un pur produit de l’école Wengerienne, ce joueur dont le potentiel a été détecté et qui a éclot progressivement, avec conviction et patience.
Alors aujourd’hui, je vous le dis tout de go, je jubile. Les articles ventant les qualités et le jeu de Laurent, il en fleurit de partout. Quand je parle de lui avec des potes, on reconnaît aisément que le jugement avait été hâtif et erroné. L’équilibre est certainement fragile mais [sonnez trompettes] Koscielny est réhabilité. Et c’est pleinement béat, le sourire aux lèvres que j’admire ses prestations match après match.
Mais ma mission n’en est pas terminée pour autant.
Car je sais que ce que tu as aujourd’hui n’est pas acquis. Je ne doute là aucunement du jeu de Laurent, mais j’avoue avoir une angoisse à la pensée de cette dernière année de contrat qui s’égrène. Après avoir converti des personnes à aimer Koscielny, je ressens le besoin de redire à Laurent à quel point des personnes l’aiment :

Laurent, si tu lis ces quelques lignes, je t’en conjure, t’en vas pas. Les Gooners t’adorent et ont besoin de toi.

Article lié  ZE Blog : le Koscielny Bashing, la mode bien française !

P.S. : Un membre du forum Arsenal France m’a gentiment fait remarquer que je m’étais laissé abuser par des sites sportifs peu scrupuleux sur la verification de leurs infos. The Boss a prolongé son aventure en 2014 pour 5 ans.
Je ne vais pas faire comme eurosport et ignorer ça l’air de rien (cf  »ouf », mon précédent article). Mea culpa. C’est une preuve supplémentaire que Kos est un mec bien ! 😉

On est sereins et on peut le rester !


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